Auteur : P. Rabeau, M. Grégoire
La neurotoxicité associée aux anti-infectieux représente un enjeu parfois méconnu en pratique clinique. Elle peut survenir à tout âge et globalement serait rencontrée dans moins de 1 % des cas mais est plus fréquente dans certaines populations de patients qu’il ne faut pas méconnaître tant elle peut compromettre le projet de soin à terme avec des durées d’hospitalisation augmentées et parfois des implications mettant en jeu la vie du patient [1, 2]. Le tableau clinique observé est souvent aspécifique (confusion, myoclonies, troubles de la vigilance) et le lien de causalité pas toujours évident dans des contextes multifactoriels, entraînant un retard diagnostique. L’identification rapide de la molécule en cause ainsi qu’une meilleure connaissance des mécanismes physiopathologiques permettent d’éviter les complications graves. Cette mise au point se concentre sur la neurotoxicité aiguë uniquement, en excluant les effets chroniques ou développementaux et comporte 3 grandes parties: les classes médicamenteuses impliquées, les populations à risque et les solutions pour prévenir et anticiper cette toxicité.

