Auteurs : Y. Lacotte, E. Pfender, Y.E. González-Flores, M.C. Ploy, au nom du consortium PROMISE
L’antibiorésistance est aujourd’hui une menace majeure de santé publique. Chaque année, elle serait responsable de 1,1 à 1,3 million de décès dans le monde dont 33 000 en Europe. Entre 2025 et 2050, ce sont 39 millions de personnes qui pourraient décéder des suites d’une infection bactérienne résistante aux antibiotiques. L’antibiorésistance entraîne par ailleurs 2,5 millions de journées d’hospitalisation supplémentaires et coûte 1,5 milliard d’euros par an. Cette problématique dépasse largement le cadre de la santé humaine. L’utilisation inappropriée ou excessive d’antibiotiques en médecine humaine, en médecine vétérinaire, mais aussi en agriculture/élevage favorise la sélection et la dissémination de bactéries résistantes qui circulent entre humains, animaux et écosystèmes environnementaux. Ce mésusage contribue également à polluer durablement nos écosystèmes environnementaux avec des résidus d’antibiotiques susceptibles de favoriser la sélection et la dissémination de bactéries résistantes dans les eaux de surface et les sols. De plus, il est important de noter que l’acquisition de résistances par les bactéries est aggravée par d’autres facteurs tels que l’utilisation de biocides et la consommation d’autres médicaments non antibiotiques.