Le bon choix d’antibiotique chez la personne âgée

Auteur : T. Portier Feunteun
Service de gériatrie, CHU de Rennes, université de Rennes

Par la fréquence de certaines comorbidités – maladie cardiovasculaire, diabète, maladie neurodégénérative ou dénutrition – et par une diminution physiologique des performances du système immunitaire, les patients les plus âgés présentent à la fois des infections plus fréquentes et plus graves. Par surcroît, les modifications des fonctions organiques qui accompagnent le vieillissement modifient le comportement des molécules thérapeutiques. Après avoir connu un creux lors de la pandémie de Covid-19, la consommation d’antibiotiques a rebondi jusqu’à atteindre des niveaux record chez les plus de 75 ans, dont les dossiers médicaux semblent s’alourdir. Les situations complexes qui en résultent représentent un défi pour le clinicien : présentations cliniques atypiques des infections, diagnostic plus difficile et risque d’interaction médicamenteuse. Prescrire un antibiotique chez la personne âgée revient à naviguer entre deux écueils symétriques : le sous-traitement, qui expose à une perte de chance, et le surtraitement, responsable d’une iatrogénie accrue et de sélection de résistances. L’objectif n’est donc pas de prescrire moins, mais de prescrire plus juste. Cela nécessite d’anticiper les changements physiologiques de l’hôte, l’écologie particulière des germes et les effets modifiés des traitements médicamenteux.

Forum de l’Association Bon Usage du Médicament – 8 septembre 2026

Bon usage du médicament :
levier de la pertinence des soins

Quelle stratégie au service d’une politique de santé efficace, coordonnée et soutenable pour le prochain quinquennat 2027-2032 ?

Le bon usage du médicament n’est pas un sujet technique secondaire : c’est un levier essentiel à la pertinence des soins, la qualité de prise en charge et la soutenabilité du système de santé qui justifie de le positionner comme partie intégrante de la stratégie de santé à 3 ans

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